La difficulté Bitcoin expliquée simplement

Ce que mesure la difficulté Bitcoin, comment elle s’ajuste tous les 2 016 blocs, son évolution jusqu’aux 132,76 T de septembre 2026 et son effet chiffré sur les chances d’un solo miner.

La difficulté est le nombre qui fixe vos chances en solo mining. Au 29 septembre 2026, elle vaut 132 757 073 449 487, qu’on abrège en 132,76 T (132 760 milliards). Elle a été fixée au bloc 967 680, le 19 septembre, en hausse de 4,16 % sur la période précédente. Voici ce que ce nombre mesure, comment le réseau le recalcule tout seul, et ce que ses variations changent pour une Bitaxe ou un NerdQAxe.

Ce que mesure la difficulté

La difficulté dit combien de hashs le réseau doit calculer, en moyenne, pour trouver un bloc valide. La règle est simple : difficulté × 2³². À 132,76 T, cela fait environ 5,70 × 10²³ hashs par bloc.

Comme un bloc doit sortir toutes les 10 minutes en moyenne, on en déduit le hashrate du réseau : 5,70 × 10²³ ÷ 600 secondes ≈ 9,5 × 10²⁰ hashs par seconde, soit environ 950 EH/s. C’est d’ailleurs comme ça que mempool.space et les autres explorateurs estiment la puissance du réseau : personne ne la mesure directement.

La cible : un hash qui commence par une vingtaine de zéros

Votre mineur calcule des hashs SHA-256 : des nombres de 256 bits, pris au hasard en pratique. Un hash gagne s’il est inférieur à une valeur appelée la cible (target). La cible et la difficulté sont liées par une division : cible = cible maximale ÷ difficulté. Quand la difficulté monte, la cible rétrécit.

Avec la difficulté actuelle, la cible vaut environ 2 × 10⁵³, sur un espace de 2²⁵⁶ ≈ 1,2 × 10⁷⁷ valeurs possibles. En binaire, un hash gagnant doit commencer par environ 79 zéros, soit 19 à 20 zéros en hexadécimal. Le hash du bloc 840 000 (celui du dernier halving, avril 2024) en donne une idée : 0000000000000000000320283a032748…, dix-neuf zéros avant le premier chiffre utile.

Comment Bitcoin ajuste la difficulté

Tous les 2 016 blocs, chaque nœud du réseau compare le temps réellement écoulé avec le temps visé : 2 016 × 10 minutes = 20 160 minutes, soit deux semaines. La nouvelle difficulté vaut l’ancienne multipliée par 20 160 et divisée par le temps réel en minutes. Aucune autorité n’intervient, c’est une règle du protocole appliquée par tous les nœuds.

  • Les blocs sont arrivés plus vite que prévu : du hashrate s’est ajouté, la difficulté monte.
  • Ils sont arrivés plus lentement : des machines se sont éteintes, la difficulté baisse.

Exemple concret : la hausse de 4,16 % du 19 septembre 2026 signifie que les 2 016 blocs précédents sont sortis en moyenne toutes les 9 minutes 36 secondes environ (600 ÷ 1,0416 ≈ 576 secondes). Le prochain ajustement tombe au bloc 969 696, attendu vers le 3 octobre 2026, et mempool.space l’estimait à peu près nul fin septembre.

Un garde-fou limite chaque ajustement à un facteur 4 dans un sens ou dans l’autre. Il n’a été atteint qu’une fois, en juillet 2010, quand le réseau comptait une poignée de mineurs. En 2026, les variations sont allées de −11,16 % (7 février) à +14,73 % (19 février). Le record de baisse reste le −27,94 % du 3 juillet 2021, après l’interdiction du minage en Chine.

L’évolution de la difficulté en chiffres

Valeurs relevées sur l’historique complet des ajustements publié par mempool.space (premier ajustement de chaque année, sauf mention) :

DateDifficulté
Janvier 2016113 G (113 milliards)
Janvier 20181,93 T
Janvier 202013,8 T
Janvier 202224,4 T
Janvier 202473,2 T
Janvier 2025110,4 T
29 octobre 2025 (record)156,0 T
Janvier 2026146,5 T
Juin 2026 (point bas de l’année)124,9 T
19 septembre 2026132,8 T
Source : mempool.space, historique des ajustements.

En un peu moins de onze ans, la difficulté a été multipliée par environ 1 170. La tendance longue est clairement à la hausse, portée par chaque nouvelle génération d’ASIC et par la construction de fermes industrielles. Mais 2026 montre que la courbe n’est pas une ligne droite : la difficulté actuelle est environ 15 % sous son record d’octobre 2025. Sur tout l’historique, environ un ajustement sur quatre est une baisse.

Le halving joue un rôle plus modeste qu’on ne le croit. Après celui d’avril 2024, la difficulté n’a reculé que de 5,63 % (ajustement du 9 mai 2024) avant de repartir à la hausse.

Ce que la difficulté change pour un solo miner

Votre probabilité de trouver un bloc donné vaut votre hashrate × 600 ÷ (difficulté × 2³²). Pour une Bitaxe Gamma à 1,2 TH/s :

1,2 × 10¹² × 600 / 5,70 × 10²³ ≈ 1,26 × 10⁻⁹
soit 1 chance sur 792 millions par bloc,
1 sur 5,5 millions par jour, et un temps moyen d'environ 15 000 ans

Le lien est inversement proportionnel. Au record d’octobre 2025 (156 T), la même Bitaxe avait un temps moyen d’environ 17 700 ans. Au point bas de juin 2026 (124,9 T), il tombait vers 14 200 ans. La hausse de 4,16 % du 19 septembre a réduit ses chances d’environ 4 %.

Ces écarts sont réels mais ne changent pas l’ordre de grandeur : on reste sur une loterie à plusieurs milliers d’années de temps moyen. Pour faire le calcul avec votre propre machine, suivez notre méthode pas à pas, et refaites-le si la difficulté bouge de plus de 15 %.

Faut-il attendre une baisse pour se lancer ?

Non. Une baisse de 10 % améliore vos chances de 10 % environ, ce qui fait passer une Bitaxe de 1 sur 15 000 par an à 1 sur 13 500. C’est trop peu pour justifier d’attendre, et personne ne sait prévoir les ajustements au-delà de quelques jours. La difficulté est un paramètre qu’on subit. On peut seulement le suivre sur mempool.space, dans l’onglet Mining, et ajuster ses attentes.

Ce qui justifie le solo mining se trouve ailleurs : comprendre Bitcoin de l’intérieur, faire tourner sa propre machine, et accepter le principe du lottery mining. Des machines modestes ont d’ailleurs trouvé des blocs à des difficultés supérieures à 100 T, dont une Bitaxe seule à environ 1 TH/s le 10 juillet 2026.

Questions fréquentes

La difficulté Bitcoin change-t-elle tous les jours ?

Non. Elle est recalculée tous les 2 016 blocs, soit environ toutes les deux semaines, et reste fixe entre deux ajustements. Ce qui varie chaque jour, c’est l’estimation du hashrate réseau.

Où consulter la difficulté actuelle ?

Sur mempool.space, section Mining : difficulté en cours, estimation du prochain ajustement et historique complet. Au 29 septembre 2026, elle vaut environ 132,76 T et le prochain ajustement est attendu vers le 3 octobre.

La difficulté concerne-t-elle aussi le minage en pool ?

Oui, elle s’applique à tout le réseau. En pool mutualisé, la récompense est partagée selon les shares apportés, ce qui lisse les revenus. En solo, vous touchez tout ou rien.

Mon Bitaxe affiche une best difficulty élevée. Est-ce lié ?

Oui, c’est la même échelle. La best difficulty est la difficulté du meilleur share trouvé par votre machine. Une Bitaxe Gamma atteint typiquement quelques milliards (G) sur un an. Pour valider un bloc, il faut un share au moins égal à la difficulté réseau, environ 132 T, soit à peu près 15 000 fois plus.

La difficulté peut-elle rendre le solo mining impossible ?

Non : chaque hash garde une probabilité non nulle de valider un bloc. En pratique, tout dépend du hashrate. Une Bitaxe Gamma a un temps moyen d’environ 15 000 ans, un NerdMiner à 50 kH/s d’environ 360 milliards d’années. Le premier est une loterie, le second un objet pédagogique.

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