Le solo mining ne sera jamais « rentable » au sens classique du terme. Ce n’est pas une objection — c’est le point de départ.
La vraie question est ailleurs : est-ce que les conditions qui rendent le solo mining intéressant vont s’améliorer ou se dégrader dans les années qui viennent ? Le halving de 2028 apporte des éléments de réponse inattendus.
Ce que le halving 2028 va changer pour les industriels
En avril 2028, la récompense par bloc passera de 3,125 à 1,5625 BTC. Deuxième de suite depuis 2024.
Pour les grandes fermes de minage, le calcul est brutal. Aujourd’hui, avec un BTC autour de 73 000 $, la plupart des opérateurs minent déjà à perte ou à l’équilibre. Le coût de production estimé avec du matériel récent dépasse ce prix. Diviser la récompense par deux dans ce contexte, sans hausse de prix compensatrice, va forcer des fermetures.
Ce n’est pas de la spéculation. C’est la mécanique du secteur : à chaque halving, les opérations les moins efficaces s’éteignent. Celles qui survivent sont celles qui ont négocié de l’électricité à 2-3 centimes le kWh, souvent au Texas ou en Islande, avec du matériel de toute dernière génération.
Les autres éteignent les machines.
Quand les industriels éteignent, la difficulté baisse
C’est là que le solo mining entre en jeu.
La difficulté de minage s’ajuste automatiquement toutes les 2 016 blocs pour maintenir un bloc toutes les 10 minutes en moyenne. Moins il y a de hashrate sur le réseau, plus la difficulté baisse. Et une difficulté plus basse, c’est une probabilité plus haute de trouver un bloc — pour tout le monde, y compris un Bitaxe posé sur un bureau.
On a eu un aperçu de ce mécanisme en janvier 2026, quand la tempête hivernale Fern a forcé les mineurs texans à s’arrêter massivement. 40 % du hashrate réseau s’est évaporé en 48h. La difficulté a chuté de 11 %. Pas de quoi révolutionner les chances d’un petit mineur, mais c’est une illustration concrète : le réseau s’adapte, et les petits bénéficient mécaniquement du départ des gros.
Si le halving 2028 provoque des sorties durables de hashrate industriel — et c’est probable si le prix ne compense pas — la difficulté pourrait se stabiliser à des niveaux plus bas qu’aujourd’hui. Structurellement, pas juste pendant une tempête.
La récompense reste asymétrique
1,5625 BTC en 2028, ça représente combien ?
Impossible à savoir avec certitude. Mais les cycles précédents donnent une idée : après chaque halving, le prix a historiquement augmenté suffisamment pour que la valeur fiat d’un bloc trouvé soit comparable, voire supérieure, à la période précédente. Ce n’est pas garanti. C’est un pari.
Mais c’est précisément le pari que fait un mineur solo. Pas un pari sur la rentabilité quotidienne — personne ne mine en solo avec un NerdMiner en espérant couvrir sa facture d’électricité. Le pari, c’est de maintenir un ticket actif sur un jackpot dont la valeur potentielle augmente avec le temps.
Un bloc trouvé à 1,5625 BTC dans un marché haussier post-halving peut valoir 150 000 $, 200 000 $, ou davantage selon les scénarios. Le coût du ticket — un Bitaxe, quelques watts, quelques euros de jus par mois — ne change pas lui.
La question des frais de transaction
Il y a un angle moins discuté, mais important sur le long terme.
Satoshi avait prévu que les frais de transaction prennent progressivement le relais de la subvention bloc. Aujourd’hui, les frais représentent 2 à 5 % des revenus d’un mineur en moyenne. Ce ratio devra monter à mesure que la subvention diminue, sinon le budget de sécurité du réseau se dégrade.
Ce n’est pas un problème immédiat. Mais ça change le calcul pour le mineur solo : si l’activité réseau augmente, si de nouveaux usages (Ordinals, Lightning, protocoles L2) créent des périodes de congestion régulières, les blocs contiennent plus de frais. Un bloc trouvé en solo dans un contexte de forte congestion vaut plus que la récompense de base seule.
C’est une variable supplémentaire en faveur du long terme.
Ce que ça change concrètement
Rien d’immédiat.
Un NerdMiner ou un Bitaxe en 2026 a les mêmes probabilités de base qu’avant. La difficulté actuelle autour de 140 trillions donne des chances infimes — de l’ordre de quelques blocs attendus sur des milliers d’années pour un seul appareil.
Mais la thèse du solo mining n’a jamais reposé sur la probabilité brute à court terme. Elle repose sur la combinaison de trois éléments : un coût d’entrée faible, une exposition permanente au réseau, et un upside asymétrique si les conditions s’améliorent.
Le halving 2028 ne garantit rien. Il renforce simplement la logique du pari.
Le matériel pour démarrer en solo mining — Bitaxe, NerdMiner, NerdQaxe++ — est présenté en détail dans les guides de Solo-Miner.fr.



